Harcèlement sexuel : une étudiante de l’ÉTS obtient une compensation

, par Alexis Vailles.

Victime de harcèlement sexuel lors de ses intégrations, cette étudiante de l’ÉTS obtient quatre ans plus tard un montant de 34 500 $…

L’École de technologie supérieure (ÉTS) a consenti à dédommager l’étudiante Kimberley Marin Rousseau pour la manière dont sa plainte d’harcèlement sexuel a été traitée aux suites d’un incident survenu lors des intégrations de la session d’Automne 2015.

 

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Organisées par l’Association des étudiants (AÉÉTS), les intégrations d’alors avaient pour thème les costumes hawaïens. De nombreux étudiants, dont Mme Marin Rousseau, étaient ainsi déguisés à la « mode hawaïenne », avec des colliers de fleurs et des jupes en osier.

L’événement se déroulait bien, jusqu’à qu’un incident survienne en après-midi.

« Un groupe quatre ou cinq gars ont décidé de me prendre de force par-derrière. Ils m’ont arraché ma jupe et je me suis retrouvée fesses à l’air devant tout le monde dans un milieu à prédominance masculine », raconte Mme Marin Rousseau à l’émission Québec Matin.

Lorsqu’elle tente de rapporter l’événement à l’AÉÉTS, un représentant de l’association étudiante lui répond qu’elle aurait dû s’y attendre, étant donné qu’elle était déguisée en « Hawaïenne ».

Après cette réaction, Mme Marin Rousseau décide d’en parler au directeur des services étudiants, qui lui répond toutefois que certaines étudiantes se « victimisent ».

Finalement, ce n’est que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) qui donne suite à sa plainte et lui a donné raison, quatre ans plus tard.

La CDPDJ exige ainsi de l’ÉTS de lui verser un montant de 34 500 $ en dommages matériels, moraux et punitifs, en plus de recommander à l’École une série de mesures de redressement.

 

L’ÉTS s’engage à « intensifier ses efforts »

Sur son site web, l’École dit avoir pris connaissance de la proposition de mesures de redressement de la CDPDJ et s’est engagée à agir afin d’améliorer la situation, notamment sur la manière dont les plaintes en harcèlement sexuel sont traitées.

« Au nom de l’ÉTS, je veux transmettre mes plus sincères excuses à Mme Marin Rousseau. Ce malheureux épisode a mis en lumière des manquements de notre organisation à l’égard du traitement des plaintes de harcèlement », a déclaré le directeur de l’ÉTS, François Gagnon.

Déjà plusieurs des mesures proposées par la CDPDJ ont été mises en place par l’ÉTS. L’École a notamment créé un Bureau de prévention et de résolution du harcèlement, mis en place davantage de ressources, adopté plusieurs politiques et mis en place plusieurs activités de sensibilisation.

« Depuis 2015, les choses changent à l’ÉTS et vont continuer de changer. Il reste encore du travail à faire, il ne faut pas se leurrer, mais cet événement vécu par Mme Marin Rousseau a permis une prise de conscience nécessaire », explique M. Gagnon.

 

Impliquée dans la cause

Aujourd’hui ingénieure et étudiante à la maîtrise en génie mécanique, Mme Marin Rousseau s’implique depuis plusieurs années dans le combat contre le harcèlement sexuel, notamment dans le milieu scolaire.

En 2016, elle a co-fondé l’organisme Québec Contre les Violences Sexuelles, où elle œuvre de façon bénévole depuis. Le regroupement a remporté plusieurs gains, dont une loi qui oblige toutes les institutions post-secondaires québécoises à mettre en place des politiques en la matière, en plus de faire de la sensibilisation.

Pour Kimberley Marin Rousseau, c’est là que se situe la victoire réelle.

« Lorsque j’ai déposé ma plainte, j’avais écrit, mot pour mot, “je veux que la commission impose des normes et des politiques pour que la communauté soit sensibilisée et protégée”. C’est ce que je demandais, je ne demandais aucun montant d’argent », explique-t-elle à Québec Matin.

 



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