Le premier humain sur la Lune, 50 ans plus tard

, par Alexis Vailles.

A-t-on réellement marché sur la Lune? Oui, nous dit l’Agence spatiale canadienne, et on y retourne!

Quinze ans après que Tintin ait foulé le sol lunaire dans la bande-dessinée On a marché sur la Lune, les astronautes de la NASA Neil Armstrong et Buzz Aldrin accomplissaient l’exploit pour vrai.

Ainsi, le 20 juillet 1969, à 20h17, M. Armstrong, capitaine de la mission Apollo 11 devenait le premier à poser pied sur la Lune. Les États-Unis remportaient du coup une victoire phénoménale face à l’Union Soviétique (URSS), leur grand rival dans la course à l’espace.

Un emploi pour vous?

Joint par Génie-inc, l’astrophysicien Robert Lamontagne, âgé de 12 ans à l’époque, se souvient très bien de l’événement.

« À 12 ans, je n’étais peut-être pas assez vieux pour apprécier la grandeur de l’exploit », se rappelle-t-il. « J’étais sorti à l’extérieur et j’ai regardé la Lune dans le ciel. C’était [presque] la pleine Lune. C’est à ce moment que j’ai réalisé qu’il y avait un homme dessus. Cet événement a cristallisé mon ambition de devenir astrophysicien ».

À l’Agence spatiale canadienne (ASC), on souligne également l’ampleur de l’événement.

« Les premiers pas du programme spatial, incluant le premier vol vers la Lune en 1969 ont été un jalon majeur qui a marqué l’évolution du programme spatial, vers où l’on se situe aujourd’hui », affirme Érick Dupuis, directeur du développement de l’exploration spatiale à l’ASC.

 

Des retombées scientifiques majeures

Il fallait vraiment que les Américains souhaitent gagner contre les Soviétiques pour entreprendre la course à la Lune. Après tout, le programme Apollo embauchait 400 000 personnes et coûtait jusqu’à 4% du PIB américain annuellement. Aujourd’hui, cela équivaudrait à des centaines de milliards de dollars!

« Les Soviétiques avaient réussi les premiers exploits en matière d’exploration spatiale : Spoutnik en 1957, le premier homme dans l’espace en 1961, la première femme dans l’espace en 1963 et la première marche dans l’espace en 1965. Les Américains tiraient de l’arrière, mais se sont rapidement rattrapés et ont remporté le “Grand Prix” : celui d’atteindre la Lune en premier », analyse M. Lamontagne.

Le 20 juillet 1969, la NASA encore toute jeune : l’agence était sur le point de célébrer ses 11 ans. Tout était à inventer! Beaucoup d’argent, de temps, d’énergie et de ressources ont donc été investies en l’espace de quelques années seulement pour arriver à cet exploit.

« Un petit pas pour l’homme… », dira Neil Armstrong en posant pied sur le sol lunaire.

 

Mais mis à part la victoire politique des Américains, cela valait-il le coup d’investir autant? Robert Lamontagne croit que oui.

« La plupart des technologies créées pour le programme Apollo auront eues des retombées majeures », explique-t-il. « Notamment, la miniaturisation et le développement de l’électronique a fortement avantagé les Américains ».

À l’époque, un ordinateur avait besoin d’une pièce entière pour être opéré. Mais un modèle d’ordinateur de bord devait être intégré dans la fusée spatiale! Sa capacité de 64 KB, bien que dérisoire aujourd’hui, était énorme pour l’époque.

Ce n’est plus un secret pour personne : cette miniaturisation informatique aura ouvert la voie à des entreprises comme Microsoft et Apple, à qui l’on doit les ordinateurs personnels et les téléphones portables!

 

Trois autres innovations technologiques issus des missions Apollo :

  • Le velcro : En apesanteur, il fallait un matériau fiable pour faire tenir des textiles et des objets ensemble. Ainsi est né le velcro!
  • Les souliers qui amortissent les chocs : Les technologies que l’on retrouve dans nos souliers de course proviennent des bottes intégrées dans les combinaisons lunaires!
  • Les capteurs cardiaques : Ils auront été créés pour sonder les données vitales des astronautes de manière compacte.

 

L’héritage social, culturel et politique aura été majeur. Les astronautes des missions Apollo seront devenus des héros aux yeux d’une génération entière, inspirant la carrière de milliers de scientifiques, astronomes, astrophysiciens, ingénieurs et astronautes!

« Si on regarde la mission de David Saint-Jacques, ça a aussi été un événement inspirant. Il a stimulé et va stimuler de nombreuses carrières scientifiques », croit M. Lamontagne.

Robert Lamontagne, astrophysicien, coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec et ancien directeur de l’Observatoire du Mont Mégantic.

 

Fait particulier, Neil Armstrong, bien qu’il ait été dans l’armée durant quelques années, n’était plus un militaire au moment de son exploit, mais un civil.

« La symbolique est puissante : la conquête de la Lune n’était pas une conquête militaire, c’était une conquête civile, au nom de toute l’humanité », estime l’astrophysicien.

La NASA elle-même n’a jamais été une agence militaire, ainsi elle était assez ouverte quant aux détails de son programme spatial. C’est cette ouverture qui aurait contribué à partager toute cette science au public!

L’astronaute Buzz Aldrin sur la Lune.

 

À quand le retour sur la Lune?

Le sol lunaire n’a pas été foulé par l’être humain depuis décembre 1972, lors d’Apollo 17, la dernière mission du programme Apollo. Mais au mois de Mars dernier, les Américains promettaient un retour sur la Lune d’ici 2024. Un objectif atteignable ou irréaliste?

« 2024, ce n’est que dans cinq ans. En terme d’exploration spatiale, autant dire que c’est demain matin! », illustre Robert Lamontagne. « Pour y arriver, Il va falloir que le budget de la NASA soit bonifié ».

Le directeur actuel de la NASA, Jim Bridenstine, avait d’ailleurs demandé au président Trump « de 20 à 30 milliards » supplémentaires de budget par année pour y arriver.

Ces prochaines missions vers la Lune risquent d’être de plus longue haleine, promettant de durer de nombreux jours, voire plusieurs mois.

Érick Dupuis, directeur du développement de l’exploration spatiale à l’Agence spatiale canadienne (ASC).

 

Du côté de l’Agence Spatiale Canadienne, on nous confie être « résolument tournés vers l’avenir ». Le Canada avait fait part en février dernier de son intention de participer au Gateway Lunaire, c’est-à-dire l’installation d’une station spatiale en orbite autour de la Lune.

« Notre participation se fera via un bras [robotisé], comme sur la Station spatiale internationale. Il sera évidemment plus évolué technologiquement », confie Érick Dupuis.

Le Canada a également lancé le programme d’accélération d’exploration lunaire. D’une durée de cinq ans, il servira à se préparer à la suite des activités, sous trois volets : la santé des astronautes dans l’espace, l’avancement des technologies, et le développement d’instruments scientifiques.

Mais verrons-nous des Canadiens et Canadiennes marcher un jour sur la Lune? À l’ASC, on ne veut pas s’avancer. Mais M. Dupuis confirme toutefois être en « négociation » avec la NASA pour que ça se produise un jour.

Un défi technologique majeur reste aussi à être relevé pour les séjours prolongés : celui de la nuit lunaire. « Sur la Lune, une “nuit” dure 14 jours », explique M. Dupuis. « Le défi est donc de trouver une manière de survivre à deux semaines de noirceur et de froid extrême ».

 

Et la théorie du complot? A-t-on réellement marché sur la Lune?

Sur Internet, de nombreuses personnes croient que le voyage sur la Lune serait un leurre, que l’humain n’y serait jamais allé. Selon eux, ce serait une odieuse machination de la part du gouvernement américain visant à gagner la course à l’espace de l’époque contre l’Union soviétique.

« Le plus étonnant, c’est que cette théorie a pris de l’ampleur, plutôt que de diminuer », commente Robert Lamontagne. « Le nombre de personne qui y adhèrent semble beaucoup plus élevé qu’à l’époque des explorations lunaires ».

Les complotistes énoncent souvent les mêmes éléments pour soutenir leur théorie : l’ombre des astronautes serait mal projetée sur le sol lunaire, on ne verrait pas d’étoiles dans le ciel, le drapeau américain planté dans le sol ne serait pas placé adéquatement…

À chaque fois, la NASA réfute ces arguments en expliquant précisément en quoi ils ne représentent aucune erreur. Mais malgré ces efforts, la théorie continue de faire des adeptes. Pour démontrer que l’humain a bel et bien marché sur la Lune, Robert Lamontagne, lui, procède toutefois d’une autre manière.

« L’argument le plus massue est que les Soviétiques et les Russes n’ont jamais nié que les Américains sont allés sur la Lune, tout simplement parce qu’eux aussi savaient que c’était possible », explique-t-il. « On a même des sondes spatiales se rendant sur la Lune qui permettent de cartographier la surface lunaire, et qui ont retrouvé les traces d’alunissage, de pas et de rover des missions Apollo ».

Lorsque questionné sur le sujet des complots, Érick Dupuis y est quant à lui allé d’une réponse beaucoup plus brève.

« On y est allé et on y retournera », a-t-il déclaré.

L’équipage d’Apollo 11. De gauche à droite : Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin.

 



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