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L’innovation au Québec selon Luc Sirois

, par Sophie Ginoux.

Dans le cadre de l’événement MTL Connecte, l’innovateur en chef du Québec a brossé un portrait et fourni des perspectives sur l’innovation dans notre province. De belles bases de réflexion et d’action.

Qu’est-ce qu’un innovateur en chef, au juste ? Ancien directeur de l’organisme Prompt, assurant la création de partenariats d’innovation entre les entreprises et les chercheurs du secteur public afin d’améliorer la compétitivité du Québec, Luc Sirois a été nommé à l’été 2020 conseiller stratégique auprès du ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon.

Comme il le dit lui-même, « un innovateur en chef, c’est comme un coach de hockey. C’est quelqu’un qui motive les joueurs, les pousse à se dépasser et à travailler ensemble. Moi, je fournis essentiellement les courroies qui permettent aux entreprises québécoises de se moderniser et d’inventer des choses, en collaborant avec des centres de recherches et des universités.  »

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Mais favoriser une culture de l’innovation ne s’arrête pas à cette démarche. D’autres réflexions et pistes d’action sont déjà sur la table pour répondre aux enjeux, immédiats ou futurs, de l’innovation au Québec.

Innover : une nécessité pour les entreprises

Luc Sirois est très clair : « On peut très bien avoir une entreprise et choisir de ne pas innover. Mais si on n’innove pas, on pourra mettre la clé sous la porte d’ici les 10 prochaines années. À ce que j’ai vu lors de la pandémie, les entreprises qui avaient déjà commencé à se moderniser s’en sont bien mieux sorties que celles qui ne l’avaient pas fait et ont vécu un difficile wake up call. »

Évidemment, qui dit innovation dit aussi prise de risques, puisqu’en moyenne, 50% des projets n’aboutissent pas à un résultat concluant. « Mais il faut s’accrocher, semer des graines à long terme, multiplier les expériences et les collaborations, car un jour, cela fonctionnera », indique l’innovateur en chef.

Ce dernier voit d’ailleurs l’innovation, non pas comme une idée, mais comme un problème à régler. « C’est cette petite voix qui nous souffle : « Ça, ce n’est pas très efficace. Comment ça se passe ailleurs? » Et lorsqu’on met le doigt sur le bobo, là, une idée émerge pour le guérir, et le processus d’innovation commence. »

Selon l’expert, il ne faut d’ailleurs jamais se dresser de limites en innovation, mais les faire arriver, tout simplement. Il n’y a pas de projet farfelu à ses yeux. Et lorsqu’on lui demande si, au sortir d’une crise mondiale comme celle de la Covid-19, il y a lieu de repenser ses priorités, Luc Sirois fait référence aux années 1920, soit juste après la Grande Guerre et la pandémie de grippe espagnole, au cours desquelles tout ce qui avait été inventé jusque-là (télécommunications, production de voitures, vols transatlantiques) a été accessible à tous grâce à des innovations industrielles.

Une crise de talents dans le numérique

L’heure est grave en raison du manque de main-d’œuvre selon Luc Sirois, qui est quotidiennement en contact avec des entreprises du Québec et avoue que beaucoup d’entrepreneurs sont en détresse en ce moment. « Des gens pleurent au téléphone quand on se parle! », s’exclame-t-il.

Dans ce contexte, il lui est difficile de leur demander d’innover, alors qu’ils ont de la peine ne serait-ce qu’à produire et à assurer leurs commandes. Mais l’innovateur en chef se questionne quant à l’attraction des métiers du numérique. « Oui, on peut accueillir davantage de talents de l’étranger ou les faire travailler à distance avec nous. Mais il ne faut pas oublier non plus les talents d’ici, installés à travers le Québec, qui travaillent à distance avec des entreprises de la Silicon Valley. »

Une fuite des cerveaux qui se double, même si l’intérêt des jeunes pour le numérique croît sans cesse, avec un nombre encore trop faible de candidats et de professionnels québécois dans ce secteur d’activités.

« L’école forme des personnes qui se conforment, qui apprennent par répétition, explique-t-il. Ce qui n’est pas une bonne solution pour les métiers du numérique, qui ont besoin de jeunes qui auront apprivoisé les technologies, mais seront aussi capables de les créer. Il faut leur donner ce goût de la création numérique, leurs organiser des visites et des activités en entreprise. Bref, réinventer l’éducation pour qu’ils n’aient pas à se reprogrammer par la suite. » Message lancé !



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