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Rencontre avec les inventeurs de la toute nouvelle chaussure auto-laçante

, par Sophie Ginoux.

Chaque semaine, découvrez des ingénieurs québécois qui se démarquent ! Avec Powerlace, les ingénieurs mécaniques Jonathan Boisvert et Frédérick Labbé ont prouvé que leur spécialité pourrait les mener très, très loin…

Sur le moteur Kickstarter, où les chaussures auto-laçantes Powerlace ont été dévoilées en avant-première le 19 juillet dernier, la folie semble s’être emparée des contributeurs. Les 12 500 dollars attendus en l’espace d’un mois pour tester le marché ont été atteints en l’espace de quelques heures, et les recettes s’élèvent déjà à 105 000 dollars. Un vrai phénomène!

Il faut cependant dire que le concept derrière Powerlace est aussi génial que ses inventeurs, deux cousins ingénieurs à la fibre entrepreneuriale. Voici une chaussure qui se lace toute seule grâce au poids du corps, sans nécessiter de batteries ou de source d’énergie externe. Ingénieux, n’est-ce pas ?

Un emploi pour vous?

« C’est Frédérick qui en a eu l’idée dès ses études universitaires en 2003, raconte Jonathan Boisvert. Il me disait qu’il en avait marre d’attacher ses lacets, que c’était une perte de temps. Alors, il a parallèlement à son travail d’ingénieur pour une entreprise d’équipements de protection contre les chutes poursuivi ce projet personnel. »

Jonathan Boisvert et Frédérick Labbé, crédit photo Édouard Plante-Fréchette, La presse

Une technologie révolutionnaire

Il aura fallu à Frédérick Labbé plus de 12 ans avant de trouver des investisseurs pour mettre son idée à exécution. Et trois ans de plus pour que son cousin Jonathan Boisvert, qui avait déjà acquis une diversité d’expériences en génie structurel, robotique et analytique le rejoigne dans cette aventure.

L’un comme l’autre ne savaient toutefois pas encore ce qui les attendait vraiment. « Je crois que si je n’avais pas disposé d’un parcours professionnel varié, de différents savoir-faire et d’intuition, notamment pour bien comprendre les matériaux à utiliser, j’aurais été incapable de concevoir cette chaussure auto-laçante », admet Jonathan.

En fait, c’est à son invitation que la chaussure initiale a été entièrement revue et corrigée. « Je voulais un produit plus léger et compact. Alors, j’ai bâti un prototype, et c’est là que tout a commencé. »

Mais concevoir une chaussure auto-laçante sur le principe du poids et du mouvement du corps n’a pas été une mince affaire. Il fallait trouver la manière de concevoir un mécanisme simple, fiable et résistant. 

« Nous devions aussi trouver une façon de faire en sorte que le cordage de la chaussure se serre et se desserre toujours au même endroit. Un défi colossal! » explique l’ingénieur, qui a testé pendant trois ans des centaines de prototypes et des dizaines de moules. « Tout ce processus s’est accompagné de beaucoup de réflexion, et même de déceptions à certains moments. »

Mais c’est avec beaucoup de fierté que les deux cousins, associés à deux autres partenaires, peuvent maintenant dire : mission accomplie !

Crédit Powerlace

Powerlace : le génie des détails

Comment fonctionne la chaussure Powerlace, au juste ? Eh bien, après une première utilisation qui détermine les balises personnelles de l’utilisateur, chaque fois que ce dernier met les pieds dans ses souliers, le poids de son corps s’appuie sur une plateforme située dans la semelle des chaussures, qui elle-même enclenche un mécanisme de chaque côté du talon qui tire les lacets et assure le serrage.

Puis, pour les délacer, il suffit avec le bout de l’autre pied de baisser un petit levier situé à l’arrière de la chaussure. « Un réflexe naturel que nous utilisons tous déjà pour enlever des chaussures traditionnelles », spécifie Jonathan Boisvert.

Pour parvenir à un résultat qui semble, de prime abord, aussi simple, un énorme travail a été réalisé sur la conception, mais aussi sur les matériaux utilisés dans les chaussures Powerlace. « Rien n’a été laissé au hasard », confirme l’ingénieur, qui voulait absolument aboutir à un modèle léger et très résistant.

Il a ainsi privilégié des matériaux plastiques très ciblés pour le mécanisme afin de lui assurer une grande résistance emphatique, ainsi que pour le renfort du talon pour la souplesse et le confort. La corde de serrage, quant à elle, est faite de fibres technologiques 15 fois plus résistantes que de l’acier. « Je peux vous garantir que ce système d’auto-laçage est encore plus solide que la chaussure elle-même ! », s’exclame-t-il.

Une chaussure qui a pourtant été conçue de bout en bout avec la durabilité en tête, tout autant que la simplicité et le confort : cuir Nappa de grande qualité, semelle robuste et anti-chocs… Tout est là pour faire des Powerlace nos meilleures amies pendant très, très longtemps. 

« Je le prouve d’ailleurs moi-même, puisque je porte la même paire tous les jours depuis un an et qu’elles semblent toujours aussi neuves qu’au début, renchérit Jonathan Boisvert. En fait, je crois qu’à présent, il me serait même difficile de revenir en arrière, dans des chaussures qui enveloppent moins bien le pied et qui doivent être lacées ! »

Crédit @Powerlace

À la conquête du monde

La petite compagnie établie à Saint-Hubert dispose à présent d’un brevet international, d’une usine de production des mécanismes qui équiperont les modèles de chaussures des fabricants, et est déjà activement à la recherche d’ingénieurs mécaniques et de designers pour la suite de ses aventures.

Car les chaussures Powerlace pour hommes montrées sur Kickstarter ne sont qu’un début. « Nous sommes déjà approchés par des fabricants étrangers et entrevoyons toutes les possibilités de notre système », indique l’ingénieur, qui travaille à la mise en marché de modèles pour les femmes et les enfants pour 2022, en plus de s’intéresser à d’autres segments comme les chaussures de sécurité.

« Notre vision, ajoute-t-il, c’est de proposer des chaussures auto-laçantes pour tous. Nous avons le potentiel d’aider notamment les personnes aux prises avec des problèmes de mobilité et des difficultés motrices. »

Alors, Jonathan, au regard de votre investissement personnel dans ce projet, vous ne regrettez rien ? « Non. Devenir entrepreneur, ça vient évidemment avec des incertitudes, et on doit toucher à beaucoup plus de choses qu’on ne le ferait en tant qu’employé dans une firme de génie. Mais j’alimente tous les jours ma passion et j’adore ça ! » On ne peut auquel cas que lui souhaiter, ainsi qu’à Frédérick Labbé, tout le succès du monde !



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