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Marcher sur Mars : est-ce pour bientôt?

, par Alexis Vailles.

L’être humain va-t-il réellement poser le pied sur Mars dans un avenir rapproché? Deux experts se prononcent sur le sujet…

Dans la foulée du 50e anniversaire du premier humain sur la Lune, de nombreux adeptes de l’exploration spatiale songent déjà à l’étape suivante : quand va-t-on poser le pied sur la planète Mars?

Si plusieurs sondes ont déjà foulé le sol de la planète rouge, on ne semble pas encore parler réalistement d’y envoyer des humains. Mais quand cela se produira-t-il? Et quels sont les défis technologiques à relever?

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Pour répondre à ces questions, Génie-inc s’est entretenu avec deux experts : l’astrophysicien Robert Lamontagne et le directeur du développement de l’exploration spatiale à l’Agence spatiale canadienne (ASC), Érick Dupuis. Voici leur opinion sur le sujet!

 

Alors, marcher sur Mars, c’est pour bientôt?

« Ca va être compliqué », admet d’emblée M. Lamontagne.

L’astrophysicien évoque la distance colossale qui nous sépare de cette planète, qui nous est pourtant voisine.

« La station spatiale internationale est située à 400 km au-dessus de la Terre. La Lune est 10 fois plus loin, à 400 000 km. Mais la planète Mars est à 80 millions de kilomètres! C’est 200 fois plus loin que la Lune! », explique-t-il pour illustrer son propos.

Pourtant, plusieurs scientifiques et personnalités du milieu spatial affirment qu’un voyage sur la planète rouge sera chose faite dans quelques décennies à peine. À plusieurs reprises durant son récent périple dans l’espace, l’astronaute David Saint-Jacques a même prédit que « les premiers humains à marcher sur Mars sont déjà nés ».

Du côté de l’Agence spatiale canadienne, toutefois, on n’ose pas trop s’avancer sur une date précise.

« Les projections des agences spatiales internationales parlent des décennies 2030, 2040, ou 2050, si les plans se réalisent comme prévus » s’est tenu à répondre M. Dupuis.

Les humains marcheront-ils bientôt sur la planète Mars?

 

Un défi sur la santé

Pour parvenir à envoyer un humain sur Mars, le plus gros défi à relever demeure celui du temps passé dans l’espace.

« Un voyage vers Mars impliquerait six mois à l’allée, six mois au retour, et un deux ans passés en gravité réduite à la surface [de la planète] », explique Érick Dupuis. « Le problème, c’est que l’apesanteur sur une longue durée résulte en un vieillissement accéléré du corps humain.  »

C’est d’ailleurs sur ce sujet que se sont penchés la plupart des travaux de David Saint-Jacques dans la station spatiale internationale. Étant médecin (en plus d’être ingénieur, astrophysicien), l’astronaute a étudient ce vieillissement provoqué par l’apesanteur, mais aussi l’effet qu’a l’inactivité physique prolongée sur le corps.

« Pour l’instant, les solutions sont en développement mais n’existent pas. Pour assurer la santé d’un astronaute dans un voyage vers Mars et d’en revenir, nous n’avons pas de solution “magique” qui assurerait la santé d’un astronaute », confie M. Dupuis.

Advenant un voyage martien, une autre menace en provenance de l’espace risque d’affecter la santé humaine : celle des radiations solaires.

« Lorsque l’on quitte la protection offerte par la magnétosphère terrestre, on s’expose aux radiations. On doit trouver des moyens de leur résister, en protégeant les astronautes, leurs scaphandres, et les véhicules », ajoute le directeur du développement de l’exploration spatiale à l’ASC.

Érick Dupuis, directeur du développement de l’exploration spatiale à l’Agence spatiale canadienne (ASC).

 

Recyclage

Un aspect positif de l’exploration spatiale, selon Robert Lamontagne, est celui des nombreuses retombées scientifiques qui en résultent. Le voyage sur la Lune, par exemple, avait permis de développer des technologies diverses comme la miniaturisation des ordinateurs, les capteurs cardiaques, le velcro, ou encore les chaussures qui amortissent les chocs.

Dans le cas de Mars, c’est au niveau du recyclage que de nouvelles innovations devraient être faites : les astronautes ne peuvent pas transporter avec eux l’équivalent de deux à trois ans en oxygène, eau, carburant et nourriture!

Il est donc indispensable de trouver des solutions permettant de recycler et réutiliser les ressources de la manière la plus optimale possible.

« Plus on s’éloigne dans l’espace, plus le niveau de dépendance de l’équipage face à la Terre doit diminuer », explique Érick Dupuis. « Plusieurs théories ou modèles sont développés, mais on ne peut s’avancer pour l’instant à savoir si ces modèles seront appliqués ».

« À terme, le développement de ces technologies pourrait amener des retombées tangibles sur notre planète, notamment dans la lutte aux changements climatiques », croit Robert Lamontagne. « Pour y arriver, il faut toutefois mettre les efforts, qui se traduisent par de l’argent ».

Robert Lamontagne, astrophysicien, coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec et ancien directeur de l’Observatoire du Mont Mégantic.

 

La conclusion

À la lumière de ces explications, il est difficile d’affirmer hors de tout doute que des humains marcheront sur Mars, surtout dans un avenir rapproché. Certains défis demeurent pour l’instant sans solution, et beaucoup de travail attend les diverses agences spatiales d’à travers le monde.

Messieurs Lamontagne et Dupuis, toutefois, semblent optimistes : après tout, ils croient tous deux que cela se produira un jour!

 



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