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Ingénieure et nouvelle administratrice de l’Ordre

, par Florence Tison.

Élue au Conseil d’administration de l’Ordre des ingénieurs du Québec, l’ingénieure biomédicale nous parle du génie au Québec… 

L’ingénieure biomédicale Sophie Larivière-Mantha revient au sein du conseil de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) pour un second mandat depuis son premier de 2015 à 2018. 

Elle a depuis eu deux enfants, et a fait sa campagne d’élection en congé de maternité!

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Sophie, 35 ans, a repris son poste de chef de service volet technologie et équipements médicaux au CIUSSS de l’Est de l’Île de Montréal. 

« Je travaille pour l’intégration de tous les équipements médicaux et des TI dans le futur hôpital Maisonneuve Rosemont », explique l’ingénieure.

Elle commençait son nouveau mandat d’administratrice au conseil de l’OIQ il y a une semaine. Génie-inc lui a parlé. 

Comment s’est passée la campagne d’élection, en plein congé parental?

Ça a super bien été! C’est sûr que ce n’est pas une campagne comme pour une élection standard. Il n’y a pas un gros pourcentage des 65 000 membres qui votent, mais c’est plus qu’aux élections scolaires, par exemple. (Rires)

Je trouvais ça quand même important de faire campagne et de faire avancer mes idées. C’est sûr que c’est des choses auxquelles je crois, et si les membres n’étaient pas d’accord avec ça, ils ne m’auraient pas élue.

Et là, c’est ton second mandat…

J’ai été là en 2015-2018, et après ça j’ai eu deux bébés : un en 2018, un en 2019, et je reviens en 2020!

C’est une présidente qui est à la tête de l’Ordre, n’est-ce pas? C’est la première femme présidente?

C’est la quatrième! Kathy Baig, ça fait quatre ans qu’elle est là. Ce soir, on va voir si elle est réélue pour un autre deux ans. (NDLR : Elle l’a été!) Elle a le droit de faire trois mandats.

Elle a mené l’Ordre d’une main de maître dans les quatre dernières années de la tourmente de la Commission Charbonneau, et de tous ses contrecoups. 

Tu me diras; la Commission Charbonneau, ça date de plus de quatre ans! Mais nous, quand les rapports sont sortis, on a eu tout ça à gérer.

C’était toute la réputation de la profession qui était à rebâtir!

Il y a du gros, gros travail qui a été fait.

Avant que je quitte, on avait voté de nouveaux plans stratégiques pour l’image de marque de l’Ordre : on a changé logo, on a fait beaucoup de publicité axée sur la place de l’ingénieur et sur l’innovation.

C’est vraiment vers là qu’on s’en va : la promotion de l’ingénierie.

Le rôle du conseil d’administration est de protéger le public, mais le public soit être rassuré que les ingénieurs font la bonne chose au bon moment.

À part de ça, quels sont tes priorités pour le mandat qui commence?

Dans le fond, j’ai trois priorités pour mon prochain mandat. Il y avait la modernisation de la loi sur les ingénieurs, et ça, ça a été adopté aujourd’hui! On est super contents.

Alors ton travail est déjà fait!

(Rires)

En fait, la loi en tant que tel, je ne peux rien faire, c’est approuvé par les ministres. Moi, ce que je voulais, c’est de continuer le travail en vue de l’adoption, mais surtout de supporter les membres et d’encadrer les membres dans l’application (de la loi).

La loi date de 1964, alors il y a quand même beaucoup de choses qui sont à l’intérieur de ça. Notamment, le génie s’est modernisé, on va dire ça comme ça. On ne fait plus juste des routes, des ponts et des buildings!

L’automatisation et la robotique se sont beaucoup développés depuis…

Exactement!

Dans son fondement, la loi ne change pas tant que ça « le day to day » des gens. Elle change par contre tout ce qui est la modernisation de la définition, de l’inclusion…

Tu sais, en génie biomédical, on ne se sentait super interpellés par la loi. Maintenant, c’est plus le cas. C’est plus inclusif au niveau des domaines du génie.

Le volet qui n’a pas passé dans cette loi-là, c’est au niveau de la surveillance, et ça on va le travailler plus avec un autre ministère et avec la Régie du bâtiment du Québec pour voir comment ça va passer.

Là, on entre dans toute la communication avec les membres, pour savoir comment ça va s’appliquer, c’est quoi les impacts pour eux, etc.

Tu parlais de trois priorités. Quelle est la seconde?

C’est sûr qu’il y a les femmes en génie. Veut, veut pas, j’en suis une, et on n’est pas nombreuses.

Dans le temps où j’étais à l’École de technologie supérieure (ETS) en 2006-2010, on était 10% de filles. L’objectif d’Ingénieurs Canada, c’est qu’on soit 30%, donc mon objectif c’est de participer aux initiatives pour faire augmenter ça.

Je pense que l’ingénierie gagne à être diversifiée autant culturellement que par les femmes, en en ayant plus ça va nous permettre d’avoir cette diversification-là.

Alors, il n’y a toujours pas beaucoup de femmes dans la profession?

En biomédical, on est un peu plus chanceux, mais ça dépend vraiment des programmes. Dans mon équipe, on est plus nombreuses, mais je n’ai pas fait le recensement dans le réseau.

L’autre chose qu’il faut considérer, c’est que moi je suis dans le réseau public : les conditions ne sont pas les mêmes que dans le réseau privé, Est-ce qu’il y a plus d’hommes en privé qu’en public?

Et après ça, la définition du génie médical, c’est large…

On a 200 types de génie différents une fois que tu demandes à tout le monde ce qu’il fait dans sa spécialité. J’exagère, mais tu en as plein, plein, plein, plein.

Où tu traces la ligne entre l’un et l’autre? Prenons les civières. Est-ce que l’ingénieur qui travaille sur la portion électrique de la civière, c’est un ingénieur électrique ou un ingénieur biomédical?

Je vois… Et tu as orienté ta campagne sur l’environnement aussi, si je ne m’abuse.

C’est le troisième point sur lequel je base ce mandat-ci. Ce n’est pas le plus important, ils sont tous importants, mais c’est mon chouchou, si tu veux. C’est vraiment l’ingénierie et le climat.

Pour moi, la crise climatique c’est quelque chose qui est important. Moi, j’y crois, et je pense que ca devrait avoir un rôle prépondérant dans nos réflexions.

Tous les ingénieurs devraient se sentir responsables de trouver des mesures ou trouver des alternatives audacieuses qui vont justement nous aider à atteindre les cibles qu’on s’est données. 

On est une profession qui est super innovante, justement, on est là pour aider pour ça. Selon moi, ça fait partie du rôle de l’ingénieur.

Aimerais-tu occuper la présidence un jour?

Je ne sais pas, peut-être, ça pourrait être intéressant! On va voir ce que l’avenir nous réserve, ce n’est pas exclu.

Entre-temps, tu veux continuer de siéger à l’Ordre…

Définitivement! Et mon mandat commence ce soir après l’assemblée générale!

Bonne chance!

 



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