Dans un secteur marqué par une transformation rapide, peut-on encore se priver de l’apport d’une bonne moitié du bassin de main-d’œuvre ? Voilà une question à se poser à l’occasion de la Journée internationale du droit des femmes.
Grands projets d’infrastructure, transition énergétique, électrification des transports, transformation numérique des industries : la demande en ingénieurs qualifiés ne ralentit pas. Le secteur du génie au Québec traverse une période de forte pression.
Alors pourquoi les effectifs de ce secteur d’activités sont-ils encore essentiellement masculins ? Les femmes ne constituaient effectivement que 16,2 % des membres de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) en 2025 (10 200 ingénieures).
Une profession encore majoritairement masculine
Malgré des efforts - il y a 30 ans, seulement 4 % de femmes travaillaient en génie, les ingénieures demeurent sous-représentées au sein de cette industrie. Elles disposent notamment d’une forte représentation en génie alimentaire (57 %) et biomédical (51 %), mais d’une faible en génie civil, électrique, mécanique, logiciel ou industriel.
Cette réalité s’explique par plusieurs facteurs : une orientation scolaire encore genrée, une perception persistante de certains milieux comme peu inclusifs, une conciliation travail-vie personnelle difficile, ou encore un manque de modèles féminins visibles et de mentorat. De plus, on remarque que l’accès des ingénieures aux postes de direction est limité.
Un enjeu de compétitivité
L’intégration accrue des femmes en génie ne relève pas uniquement d’un objectif d’équité. Elle touche directement à la performance des organisations.
Il existe plusieurs solutions concrètes pour répondre à cette lacune de talents féminins: élargir le bassin de recrutement, stimuler l’innovation et la créativité, adopter des cultures d’entreprise inclusives, renforcer l’attractivité des programmes et des carrières scientifiques auprès des jeunes filles, etc.
La question stratégique
Alors, peut-on encore se priver des femmes en génie ? La question ne relève plus uniquement du débat sociétal. Elle touche à la capacité du secteur à répondre aux grands défis économiques et environnementaux des prochaines décennies.
Parce que le génie est au cœur des transformations majeures du Québec, et que pour soutenir cette évolution, il devra mobiliser l’ensemble des talents disponibles.