Le génie logiciel est-il du vrai génie?

, par Elsa Moreira.

Le génie logiciel est apparu plus tard que les autres types de génie, ce qui pousse certaines personnes à remettre en cause sa réelle nature…

Il y a le mot « génie » dans « génie logiciel ». C’est donc forcément un domaine qui relève de l’ingénierie, non? Pourtant, certaines personnes ne considèrent pas le génie logiciel comme étant du vrai génie!

Qu’est ce qui le distingue donc des autres spécialisations? Le site EngineerJobs analyse la question et dresse le portrait de la situation.

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Comment ça, du « vrai » génie?

L’une des grandes différences entre le génie logiciel et les autres types de génie est dans la base de données. En effet, quand on a besoin d’une nouvelle propriété à laquelle associer les entrées, on peut simplement l’ajouter et effectuer un nouveau tri des données autour de ce nouvel axe.

C’est fort pratique, mais impossible à faire quand on conçoit une suspension mécanique, un immeuble, ou un barrage hydroélectrique. C’est pour cela que certains considèrent que le génie logiciel n’est pas une vraie forme de génie, car c’est une abstraction logique.

Cet argument est cependant faible. En effet, si un ingénieur logiciel crée un protocole réseau, et un ingénieur civil conçoit un pont, qu’est-ce qu’ils ont tous les deux produit? Nous ne pouvons pas attribuer tout le mérite de la construction physique du pont à l’ingénieur civil (il ne l’a pas construit de ses mains après tout), ce qu’ils ont produit est une représentation abstraite d’un pont. À ce moment-là, laquelle des représentations est la plus proche du produit fini?

Donner la priorité à la représentation faite par l’ingénieur civil parce qu’elle a été réalisée en prenant compte des contraintes physiques et économiques, c’est égaler le dessin d’un pont au pont lui-même. La proposition de l’ingénieur civil est faite de documentation, de tables de spécifications, de plans constructibles et de schémas.

Par contre, la proposition de l’ingénieur logiciel est le « pont » lui-même. Contrairement à l’ingénieur civil, l’ingénieur logiciel ne peut pas transmettre un dessin sommaire à un compilateur pour la construction. La seule condition de fidélité suffisante est le code source final.

 

Oui, le génie logiciel est différent

Selon Gary Pedretti, un ingénieur de Chicago qui rejette l’application des processus traditionnels au génie logiciel, « penser à la création de logiciels comme à du génie est le modèle le plus destructeur pour l’industrie du logiciel ».

Le modèle de développement dit « en cascade » est assez représentatif lorsque l’on souhaite passer d’une esquisse à la création physique. On traverse des couches d’abstraction décroissante vers un produit physique avec le but d’éliminer le plus tôt possible des erreurs coûteuses de mise en œuvre, le processus se terminant avec le test du produit. Suivre ce modèle est judicieux quand le produit est cher et nécessite beaucoup de travail.

Les ingénieurs logiciels travaillent toutefois dans des circonstances très différentes. En effet, comme la conception d’un produit n’est pas à proprement parler « physique », la mise en œuvre de ce produit s’avère peu coûteuse : il ne faut payer que l’ingénieur et son ordinateur. Il est donc possible d’effectuer des tests au fur et à mesure que le produit est conçu, sans que ces tests aient recours à des planifications élaborées ou de l’équipement de pointe.

Cette relation entre le design et le produit, ainsi que la facilité de mise en œuvre et de test font du génie logiciel une anomalie au sein des disciplines traditionnelles d’ingénierie.

À cause de son approche unique et de sa nature virtuelle, le génie logiciel se distingue des autres spécialisations de génie (crédit photo : SFGate).

 

Une responsabilité grandissante

Ceux qui sont en faveur du génie logiciel en tant que discipline à part entière ont un argument très efficace : la civilisation technologique dépend de plus en plus des technologies logicielles.

En effet, c’est grâce au logiciel que les avions savent où atterrir, et à quelle vitesse. Si l’appareil grâce auquel vous lisez cet article fonctionne, c’est grâce aux enchères d’énergie et à la gestion des réseaux. Les nombreux plans et design de conception dépendent désormais de logiciels techniques. La gestion des données personnelles et la sécurité informatique dépendent désormais d’ingénieurs experts en la matière. Bref, le secteur du génie logiciel et ses prouesses ont des applications bien réelles et très importantes.

Conséquemment, un ingénieur logiciel a désormais une responsabilité bien plus grande envers le public qu’il en avait il y a, disons, vingt ans, ou même dix ans. Désormais, des vies humaines sont autant -sinon plus- affectées par le logiciel que par le physique et le concret.

C’est pourquoi il ne serait pas surprenant de voir un nombre plus élevé de diplômés en génie logiciel adhérer à l’Ordre des ingénieurs du Québec au cours des prochaines années. Traditionnellement, ce nombre est toujours demeuré bas en comparaison avec les autres spécialisations de génie.

 

Bref, une fois que l’on sait tout ce qu’il a fait pour tant de monde, refuser une place en tant que véritable discipline au génie logiciel semble quelque peu ingrat!

 



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